Marseille Béton
     

Marseille Béton

Casiers pourris, fourmilières mortes.
Acide, poussière, ascenseurs.
Quel étage ?
Bâtiment B
Ou je ne sais plus - tout pareil.
Répétition, mathématique - modernité.

Béton, poussière, chaleur
Marteau-piqueur et gravats
Chant des machines
Tu respires toi ?
Euroméditerranée.
T’as une gueule de chantier
Trop blanc, tu crames au soleil.
Et dans tes rues, même le vent sent la pierre.
Et la poussière brûlante.

Et alors ainsi chaque jour le soleil s’effondre dans l’eau et délivre, farouche, son voile rose et or sur nos pupilles hébétées.
Et nos corps, abrutis de ces inévitables journées, convergent lentement vers le littoral.
C’est facile pour certains, moins pour d’autres.

Il faut grimper pour les poètes, descendre pour les baigneurs et apprendre à s’arrêter pour les pressés. Et trimer pour les autres.
Pour gouter à ce nectar, aussi flamboyant pour les uns que pour les autres, et s’abreuver de ce coulis de lumière qui recouvre la mer.

Je repense à cette phrase de Thoreau « Car j’étais riche, sinon d’argent, du moins d’heures ensoleillées comme de jours d’été et les dépensais sans compter. »

Marseille, ou la misère au soleil.