Il n'en reste rien
     

Il n'en reste rien

Il n’en reste rien. De tout. Plus rien, plus que l’odeur. Celle de la mort, du feu sur la terre, et du béton chaud.
Partout où mes yeux se posent, ils ne voient que du noir, du gris, du terne et de la cendre que le vent soulève. Jusqu’à la mer, la terre semble morte, interrompue parfois par les traces que l’on devine être celle des hommes qui ont lutté. Comme des îlots de vie, quelques routes, quelques pistes, près des habitation souvent ou des installations électriques, ces tâches de terre encore fauves, sèches mais pas mortes, ou quelques touffes fragiles se dressent face à la mort comme pour rappeler au passant le combat qui a été mené ici. Et pour dire aussi, avant nous étions là. Nous les arbres, les oiseaux, les escargots, dont les coquilles brûlées craquent partout sous mes pieds. Nous, les lézards et les mulots, les fleurs, les plantes et les insectes. Avant bien sûr ça ne sentait pas la mort, mais le thym, la terre qui sèche après la pluie, la résine des pin qui chauffe au soleil et aussi la mer, tout près. Avant nous faisions disparaitre vos traces, maintenant elles sont là, au grand jour, vos bouteilles vides et vos carcasses, vos tôles et vos ferrailles.Nous ne pouvons plus les cacher. Et même le feu n’a pas su les faire disparaitre.
Tout le long de la route, ca sent la mort. Mais pourtant l’été est là, et les parking se remplissent autour du camping brûlé. Il faut bien baigner nos corps, il faut bien planter nos parasols et faire rire nos enfants. Alors tant pis pour la mort, l’eau est bonne et il y a des places pour se garer.